HTTP, serveurs web, et pages dynamiques

Alexandre Niveau
GREYC — Université de Caen
Cours sur HTTP

* url : https://en.wikipedia.org/wiki/Uniform_Resource_Identifier  avec des exemples. query, fragment. chemin : pas forcément un vrai chemin.

* header fields https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_HTTP_header_fields

* stateless
* safe methods
* idempotent methods
* cacheable


* status code & reason phrase   https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_HTTP_status_codes

* cache : forward/reverse ; browser/machine/proxy/ISP   https://en.wikipedia.org/wiki/Web_cache
* compression https://en.wikipedia.org/wiki/HTTP_compression
* auth
* HTTPS https://en.wikipedia.org/wiki/HTTPS

serveurs web : 
un programme qui sait répondre à une requête HTTP par une réponse HTTP.
exemples : apache, nginx.




Application client-serveur

Illustration d'une application client-serveur
Exemple d'architecture client–serveur : deux clients font leurs requêtes à un serveur via Internet.
Source : Wikimedia (LGPL 2.1).
Application client-serveur :
  • application en réseau
  • le programme « principal », appelé serveur, tourne en continu sur une machine (généralement distante)
  • pour accéder à l'application depuis sa machine, il faut lancer un programme client, qui va se connecter au serveur et échanger des messages avec lui suivant un protocole bien défini

Le web, une application client-serveur

Dans le cadre du web:
  • Le protocole d'échange de messages s'appelle HTTP
  • Toute machine connectée à internet peut faire tourner un serveur web
    • elle écoute sur son port 80
    • elle interprète les requêtes HTTP reçues
    • elle renvoie les réponses HTTP (qui contiennent typiquement du HTML) au demandeur
  • Il y a de nombreux programmes clients, les plus courants étant les navigateurs web visuels (comme Firefox ou Chrome) :
    • ils envoient des requêtes HTTP aux serveurs
    • ils interprètent la réponse HTTP (typiquement, ils mettent en forme le HTML)

HTTP

HyperText Transfer Protocol ; c'est le langage que parlent le serveur web et le navigateur web pour se communiquer les pages

Élément le plus fondamental du web, et aussi le plus caché pour le grand public

Pas complètement cependant :
  • son nom apparaît au début des URL (mais les navigateurs actuels ne l'affichent plus)
  • les célèbres cookies sont un élément du protocole
  • certains codes de statut sont bien connus… (erreur 404)

HTTPS est la version sécurisée de HTTP : les messages sont chiffrés, et donc illisibles pour quiconque les intercepterait entre le client et le serveur ex: wifi public

URL

Le web est un ensemble de ressources (documents — ou autre !), liées entre elles

Chaque ressource a une adresse (ce qui permet de la récupérer, et de la lier à d'autres ressources)

Les adresses sont appelées URL (ou plus généralement URI)

La syntaxe des URL a été créée pour le web, mais est utilisée dans de nombreux autres contextes

            userinfo          host        port
        ┌───────┴───────┐ ┌────┴────────┐ ┌┴┐
 http://john.doe:password@www.example.com:123/forum/questions/?tag=networking&order=newest#top
 └─┬─┘  └───────────┬───────────────────────┘└─┬─────────────┘└────────┬─────────────────┘└┬─┘
 scheme         authority                      path                  query              fragment

La partie « scheme » indique le protocole à utiliser pour récupérer la ressource

La partie « authority » indique à qui il faut s'adresser pour récupérer la ressource

La partie « path » indique le chemin vers la ressource sur le serveur

La partie « query » permet d'indiquer des paramètres (pour filtrer ou mettre en forme la ressource)

La partie « fragment » identifie une sous-partie de la ressource (par exemple une section d'une page HTML)

Autres exemples de la syntaxe URI

Requête HTTP

Structure d'une requête HTTP :
  • Une ligne de requête avec une commande (request method), un chemin et la version du protocole
  • Plusieurs lignes de champs d'en-tête
  • Une ligne vide
  • Le corps du message (optionnel)

Commandes : GET, POST, HEAD, PUT, DELETE…

Champs d'en-tête : Host, User-Agent, Accept… seul Host est obligatoire

Exemple, le client veut accéder à la ressource http://www.toto.fr/blog/posts/243.html?order=newest#top

GET /blog/posts/243.html?order=newest HTTP/1.1
Host: www.toto.fr
Accept: text/html
Accept-Charset: utf-8
Connection: keep-alive

NB: le fragment n'est pas transmis, il est géré uniquement par le client

Réponse HTTP

Structure d'une réponse HTTP :
  • Une ligne de statut avec le status code et un petit message explicatif
  • Plusieurs lignes de champs de réponse
  • Une ligne vide
  • Le corps du message (optionnel), typiquement le code HTML de la page

Codes : 200 (OK), 404 (not found), 500 (internal server error)…

Champs de réponse : Content-type, Last-Modified, Location…

HTTP/1.1 200 OK
Date: Mon, 05 Jan 2015 12:12:12 GMT
Last-Modified: Wed, 02 Jan 2013 18:18:18 GMT
Content-Type: text/html; charset=UTF-8
Content-Length: 323
Connection: close

<html>
  <head> <title>Le blog de Toto</title> </head>
  <body> <p>Bienvenue sur mon blog !</p> </body>
</html>
faire une démo avec netcat : netcat example.com 80 <demo/requete.txt ça devrait donner qqch comme demo/reponse.txt

Serveurs web

Il existe de nombreux serveurs web (au sens logiciel), les plus utilisés étant Apache et nginx

Rôle du programme serveur : reçoit des requêtes HTTP et renvoie des réponses HTTP (qui peuvent contenir n'importe quoi)

En pratique, on a souvent besoin que les URL correspondent à des fichiers

un des rôles principaux du programme serveur est d'interpréter le chemin demandé dans la requête comme un chemin dans le système de fichiers

Interprétation pas directe ! On ne veut pas que tout le système de fichiers de la machine soit accessible sur le web…

le chemin demandé est « traduit »

Typiquement, le serveur considère que la racine de l'URL (chemin /) correspond à un répertoire fixé — typiquement /var/www/html — appelé « web root » ou « document root »

la « traduction » est plus ou moins une simple concaténation des chemins : l'URL
http://www.toto.fr/bidule/truc/machin.html
sera interprétée comme correspondant au fichier
/var/www/html/bidule/truc/machin.html
sur le serveur

On dit que le serveur web « sert » le contenu du répertoire /var/www/html à la racine du site

Servir un fichier / un répertoire

Si le chemin traduit de l'URL correspond à un fichier (HTML, ou image, PDF, audio…), c'est lui que le serveur envoie en réponse.

Si le chemin traduit ne correspond à rien, le serveur enverra une erreur 404 (on peut configurer ce comportement)

Si le chemin correspond à un répertoire le serveur regarde s'il contient un fichier index.html

si oui, c'est ce fichier qu'il sert

sinon, ça dépend de la configuration : il peut renvoyer une 404, une 403, ou générer une page pour montrer le contenu du répertoire

Pages dynamiques

Si besoin que le contenu d'un site soit dynamique, par exemple dépende d'une base de données, il faut que le serveur génère du HTML

Il va déléguer cette tâche à d'autres programmes, typiquement à l'interpréteur PHP

Utilisation de Common Gateway Interface, ou bien exécution en fonction de l'extension du fichier

PHP sur le web

PHP a été conçu au départ pour mettre des bouts de programme au milieu d'une page HTML

<!DOCTYPE html>
<html>
<head><title>Ma page</title><meta charset="UTF-8" /></head>
<body>
    <h2>Les nombres</h2>
    <p>Voici les nombres de 1 à 10000 :

        <?php
            
for ($i 1$i <= 10000$i++) {
                echo 
"$i, ";
            }
        
?>

    </p>
</body>
</html>
Résultat

C'est une page HTML avec des blocs d'instructions encadrées par <?php et ?>

  • <? ?> permettent de définir des PI (« processing instruction ») ;
  • php indique que ces instructions sont du PHP.
  • (Cette syntaxe permet qu'un fichier contenant du HTML et du PHP puisse être du XML valide.)
  • on note qu'il y a des points-virgules à la fin de chaque ligne : ils sont obligatoires

Ce qui est en dehors de ces blocs est affiché tel quel

Les blocs sont remplacés par le résultat de l'exécution des instructions

Regarder le code source de la page : noter bien qu'il ne subsiste aucune trace du code PHP !

Que s'est-il passé ?

Déroulement :
  • Le navigateur demande au serveur la page nombres.php
  • Le serveur voit qu'il s'agit d'un script PHP : il appelle l'interpréteur PHP sur le script nombres.php
  • L'interpréteur exécute le script, ce qui génère une page HTML
    • Ce qui est en dehors des blocs PHP est reproduit tel quel
    • Les blocs sont remplacés par le résultat de l'exécution des instructions
  • La page HTML générée est renvoyée au navigateur

Le navigateur ne voit jamais le code PHP : il ne récupère que de l'HTML !

Les navigateurs ne savent d'ailleurs pas interpréter un fichier PHP. Si vous essayez d'en ouvrir un en local avec Firefox, il devrait vous proposer de le télécharger, comme pour tout type de fichier qu'il ne connaît pas.

Intégration avec HTML

<?php
// variables et calculs
$titre "Page démo";
$contenu "Le contenu sera généré par mon programme";
?>
<!DOCTYPE html>
<html lang="fr">
<head>
<title><?php echo $titre?></title>
</head>
<body>
<h1><?php echo $titre?></h1>
<p><?php echo $contenu?></p>
</body>
</html>
Résultat
  • Regarder le code source de la page : noter que le premier bloc d'instructions a simplement disparu (il ne génère aucune sortie), mais il a bien été exécuté puisque les variables ont la bonne valeur.

Affichage des erreurs

  • PHP peut afficher les erreurs dans un fichier de log, et sur la sortie standard (c'est-à-dire dans le HTML généré)
  • L'affichage dans le HTML est pratique pour développer… mais interdit sur un serveur en prod !
  • Configuration dans le fichier de config (php.ini) :
    • Log géré par le flag log_errors (on/off) et la variable de config error_log (chemin absolu vers un fichier de log)
    • Affichage HTML géré par le flag display_errors (on/off)

Parenthèse sur la configuration de PHP

  • Si pas accès au fichier de config, on peut utiliser des fichiers de config Apache locaux, les .htaccess (un guide ; solution pour activer le log)
  • On peut aussi modifier la valeur des paramètres de config dans un script avec la fonction ini_set, par exemple ini_set('display_errors', 'on'). Cependant en cas de parse error, le script n'est pas exécuté du tout, et donc le ini_set n'a aucun effet…
  • Attention, sur votre www-prod, le flag display_errors est off et n'est modifiable que par un admin.

En-têtes HTTP : fonction header

  • Surtout utilisé pour les redirections : header("Location: http://google.fr"); (PHP se charge alors de passer un code 302)
  • header("Content-type: text/plain;"); pour renvoyer du texte brut par ex. (exemples texte, html par défaut)
  • On peut modifier/ajouter n'importe quel en-tête, par exemple header('Content-Disposition: attachment; filename="exemple.html"'); va proposer la page à l'enregistrement (démo)
  • Attention : header modifie l'en-tête HTTP, qui est avant le HTML
    ⇒ il ne faut pas commencer à écrire du texte avant l'instruction header : même un saut de ligne suffit à provoquer une erreur « Headers already sent » démo et explications
  • Certaines installations bufferisent la sortie pour éviter ça, mais toutes ne le font pas : c'est donc une fausse sécurité (un peu comme désactiver les erreurs d'un compilateur…)

Output buffering

  • L'inclusion d'un script PHP provoque son exécution : tout ce qu'il écrit est directement affiché par le script appelant.
  • Il est parfois utile de ne pas afficher tout de suite le résultat de l'exécution d'une série d'instructions PHP, notamment pour ce cas-là
  • Il faut utiliser l'output buffering (OB) :
    <pre>
    <?php
        
    echo "One\n";

        
    ob_start();  /* on active l'output buffering :
                      * tout ce qui suit sera enregistré
                      * dans un buffer au lieu d'être affiché
                      */

        
    echo "Two\n";
        include 
    "demo/fichier.txt";

        
    $var ob_get_clean();  /* on désactive l'OB, on
                                 * récupère le contenu du
                                 * buffer, et on le vide.
                                 */

        
    echo "Three\n";
        echo 
    "Contenu du buffer :\n « " $var " »\n";
    ?>
    </pre>
    One
    Three
    Contenu du buffer :
     « Two
    Coucou,
    je suis un fichier !
    
    Au revoir
    
     »
    
  • Il y a d'autres fonctions pour manipuler l'OB, mais dans 95% des cas ces deux-là suffisent.

Variables « superglobales »

Elles sont accessibles partout

Ce sont des tableaux associatifs

  • $_POST : contient les données passées dans le corps d'une requête POST
  • $_GET : contient les paramètres de l'URL (même si la requête était POST !) Démo GET
  • $_SERVER : données du serveur, on y trouve notamment
    • l'URL locale de la page courante ($_SERVER['REQUEST_URI'])
    • et la « partie virtuelle » de l'URL courante ($_SERVER['PATH_INFO']).
    • Attention, il y a beaucoup de données qui se ressemblent mais dont le fonctionnement est subtilement différent… et la doc n'est pas toujours très explicite
  • $_ENV : données sur l'environnement
  • $_FILES $_COOKIE $_SESSION : feront l'objet de cours spécifiques
Exemple

Rappel : phpinfo() affiche la configuration PHP de votre serveur et la valeur de toutes les superglobales (Voir)

Existence de variables

Si on utilise une variable qui n'existe pas, un avertissement (notice) est lancé

il n'y a pas d'erreur, PHP considère que la variable a la valeur null

Ne pas s'appuyer là-dessus : s'il y a un avertissement, c'est pour une bonne raison (code pas propre, plus difficile à maintenir)

Il y a une pseudo-fonction pour tester si une variable existe ou non : isset
if (isset($toto))
	echo "La variable \$toto existe, voilà son contenu : $toto";
else
	echo "La variable \$toto n'existe pas";
Le code précédent ne génère aucun avertissement.

A priori, dans du code propre et bien organisé, on n'a jamais besoin de isset() !

Pourtant, en pratique, isset est très souvent utilisée pour vérifier que les tableaux $_GET ou $_POST contiennent un paramètre donné
utiliser plutôt key_exists, qui risque moins de cacher une erreur dans le code :
if (key_exists('toto', $_GET))
	$toto = $_GET['toto'];
else
	$toto = '';
array_key_exists est un peu plus lent (genre 2 fois) à cause de l'appel de fonction. c'est pas bien méchant. ça reste O(1) normalement.

empty()

La pseudo-fonction empty permet de vérifier qu'une variable est « vide », c'est-à-dire que
  • soit elle n'existe pas
  • soit elle existe, mais est (faiblement) égale à false

Attention, dans la liste des valeurs égales à false, il y a notamment la chaîne '0' !

même si vous savez que votre variable contient une chaîne, empty() ne vous permet pas de vérifier qu'elle est vraiment vide !

si vraiment besoin de manipuler des variables qui n'existent pas forcément, il est conseillé d'utiliser plutôt isset et un test explicite (hors cas très particuliers).

Il est également très fortement déconseillé d'utiliser empty($maVariable) si la variable est censée exister : cela peut cacher des erreurs dans le code (erreur dans le nom de variable, par exemple).

si besoin de tester qu'une variable est « vide », utiliser plutôt !$maVariable ou $maVariable == false (comparaison volontairement faible), ou mieux, comparer explicitement à la valeur vide qui vous intéresse : $maChaine === '' ou $monTableau === [].

Pour résumer, il est encore plus déconseillé d'utiliser empty que isset.

Détails sur isset et empty, leur relation avec null, et quand les utiliser : the definitive guide to PHP’s isset and empty